La différence entre la survie, le bushcraft et le survivalisme : un guide précis pour comprendre ces disciplines
En tant que moniteur de survie, il m’arrive souvent de rencontrer des gens qui confondent les termes survie, bushcraft et survivalisme. Ces trois disciplines sont liées par leur connexion à la nature et à l’autosuffisance, mais elles possèdent chacune leurs spécificités. Dans cet article, je vais vous expliquer en détail les différences entre ces pratiques, en illustrant chaque notion par des exemples concrets pour mieux vous guider dans la compréhension de ces univers.
La survie : réagir face à une situation critique
Qu’est-ce que la survie ?
La survie est avant tout une discipline qui consiste à faire face à une situation critique pour rester en vie, souvent dans des environnements hostiles ou en pleine nature. La survie ne laisse pas de place au confort : c’est une question de vie ou de mort, souvent dans des situations imprévues (accident d’avion, randonnée qui tourne mal, catastrophe naturelle, etc.).
Objectif principal : assurer sa sécurité et sa subsistance avec des ressources limitées.
Techniques de base en survie
Pour survivre dans un environnement hostile, il faut maîtriser certaines compétences essentielles :
- Allumer un feu sans allumettes (ex. : avec un firesteel).
- Trouver et purifier de l’eau (ex. : filtration avec du charbon et du sable).
- Construire un abri d’urgence avec les matériaux à disposition
- S’orienter sans boussole (ex. : en utilisant le soleil, les étoiles ou des techniques naturelles).
- Identifier les plantes comestibles et éviter les toxiques.
Exemple concret
Imaginez que vous faites un trek en montagne et que vous vous perdez suite à un changement brutal de météo. Vous êtes à court d’eau et il vous reste peu de nourriture. La survie consiste alors à gérer le froid, à trouver une source d’eau potable, à construire un abri de fortune pour la nuit, et à signaler votre position pour être secouru. En respectant la règle de priorité : on meurt de 3 h d’hypothermie, puis 3 jours sans boire et enfin 3 jours sans manger… inutile de se précipiter pour tuer le premier lapin qui se pointe !
Le bushcraft : l’art de vivre en harmonie avec la nature
Qu’est-ce que le bushcraft ?
Le bushcraft se distingue de la survie en ce sens qu’il s’agit d’une pratique délibérée, volontaire et non-urgente qui vise à vivre en autonomie dans la nature en utilisant les ressources locales. Le terme « bushcraft » vient de l’anglais « bush » (brousse) et « craft » (artisanat). Ici, il s’agit plus d’un mode de vie ou d’un loisir centré sur l’artisanat, l’autonomie et la connaissance de la nature.
Objectif principal : se reconnecter à la nature en développant des compétences artisanales et en vivant de manière durable.
Techniques de base en bushcraft
Les pratiquants du bushcraft prennent plaisir à perfectionner leur maîtrise de techniques ancestrales, telles que :
- Fabriquer des outils avec des ressources naturelles (ex. : couteaux en pierre, arcs primitifs).
- Créer des abris plus confortables que ceux utilisés en survie (ex. : cabanes en rondins).
- Cuisiner sur le feu avec des ingrédients récoltés sur place.
- Tisser des cordages à partir d’écorce ou de fibres végétales.
- Suivre et pister les animaux pour la chasse ou l’observation.
Exemple concret
Imaginez passer un week-end en forêt avec pour objectif de ne rien emporter si ce n’est votre couteau et quelques outils de base. Vous vous donnez pour mission de fabriquer un abri, de trouver votre nourriture (cueillette, pêche, piégeage), et de vivre quelques jours en parfaite autonomie sans dépendre de la technologie moderne. L’objectif est d’acquérir une connaissance fine de la nature afin de puiser et de respecter les ressources nécessaires.
Le survivalisme : se préparer aux scénarios d’urgence
Qu’est-ce que le survivalisme ?
Le survivalisme est souvent confondu avec la survie, mais il diffère en ce sens qu’il consiste à se préparer à l’avance pour faire face à des situations d’urgence prolongées, qu’elles soient naturelles, économiques, sociales ou technologiques. Les survivalistes cherchent à être autosuffisants pour protéger leur famille en cas de catastrophe (pénurie alimentaire, crise énergétique, effondrement économique, pandémie, etc.).
Objectif principal : anticiper les crises pour assurer sa sécurité, celle de ses proches, et minimiser sa dépendance envers le système.
Techniques et préparations en survivalisme
Les adeptes du survivalisme mettent en place des stratégies à long terme, telles que :
- Constitution de stocks de nourriture et d’eau.
- Préparation de kits d’urgence (bug-out bags) avec des provisions pour 72 heures ou plus.
- Apprentissage de l’autosuffisance (jardinage, énergies renouvelables, élevage).
- Autodéfense et protection du domicile.
- Scénarios de repli (lieux sécurisés à l’extérieur des zones urbaines).
Exemple concret
Un survivaliste pourrait décider de construire un potager en permaculture pour être indépendant en matière alimentaire, tout en stockant des réserves d’eau et en installant des panneaux solaires pour son énergie. En cas de crise majeure, il aurait déjà les ressources pour survivre pendant plusieurs mois sans dépendre des infrastructures. Il y a un aspect un peu négatif de l’avenir qui est envisagé par ce courant de pensée, mais intéressant en ce sens où il tend vers l’autonomie. Par contre il me semble nécessaire de collaborer en temps de crise et non se réfugier dans un bunker !
Bien que ces trois disciplines aient des points communs, elles diffèrent par leur objectif, leur approche et les compétences qu’elles nécessitent. La survie est une réaction à une situation critique, le bushcraft est un retour aux sources et à la nature, tandis que le survivalisme repose sur la préparation proactive à d’éventuelles crises.
Que vous souhaitiez apprendre à allumer un feu en pleine forêt, perfectionner vos compétences artisanales ou vous préparer à des scénarios d’urgence, chacune de ces disciplines vous offre des outils précieux pour devenir plus résilient.
Si vous souhaitez approfondir ces compétences ou apprendre à les maîtriser, n’hésitez pas à vous inscrire à mes stages de survie pour acquérir des techniques concrètes dans un cadre sécurisé.
